180
1762
Ã., ÍÎßÁÐß
13.
mon indiscretion en fa\·enr de la canse, et soyez assure de l'estime qoi m'a
rendue si interessee.
Catherine.
Ð.
S.
Daís
toute cette lettre je n'ai employe que les sentimens que
j'ai trouve dans vos ouvrages: vous ne voudriez pas vous contredire.
íîñòü ðà.ø ñàìîãî ät.1à
n
áóäüòå )'Âtðåíû âú ~·âàæåíiâ, êîòîðîå ïðâ÷âíîþ, ÷òî
11
ñòî..ï.
çàí11òà çòèìú ät.lîìú.
Åêàòåðèíà.
Ð.
S.
Âî âñå)IÚ çòîìú oncü"t
11
âûðàçèJà òî,tüêî òt ÷óâñòâà, êîòîrû11 âaiOAI.II
Â'Ü âàøâõú ñî÷èíåíi11õú: ÿû íå çàõîòïòå nðîòèâîðt÷èòü ñåát
1).
')
Ha,J.oGâo àðå.J.ïî.ùãàòü, ÷òî íàñòîèâiÿ Åêàòåðèíû
11
âú àî,J,îáâîêú æå ñêûñ.à1; ïðî
J1.0.1ÆIL1ÈÑÜ
11
âú
1763
ãî.s.ó, òàêú-êàêú
11
òîã,1,à Ä'À.1àê6åðú noc.Juú êú Èêïåðàòðèöi; ñ.à-t
.J.óþùåå ñîGñòâåââîð}·÷âîå ïèñüìî:
Madame! Yotre Majeste lmperiale, malgre la bonne opinion qu' Ellc veut
Üien
avoir de
moi, me
reïd
blen pcu de justice, si el\e croit que je
øå
glorijie
de
ñå
qa'elle appelle moa
refus;
ma pbilo!!ophie et ma vanite meme seraient blen plus fiattees de contribuer uu
boïheur
d'an grand peaple que de m'en uefendre; mais personnc, l\ladamc, ne peut mieux me jager qne
moi·meme, ni mieux
connaitãe
mon peu de talent pour l'euucation importante que Yotre
.Ìa
jeste Imperiale
à
voulu me confier. S'il n'eut ete qucstion que ue faire uu Prince qui vous in–
teresse, un assez bon geometrc, ttn
passaÜie
litterateur,
ðåít
i-tre
m¸me
un mediocre philo–
sophe, je n'aurais pas desesperc d'y reussir; mais il
ó à
loin u'un
geoøct1·e,
d'un litteratelll',
d'un philosophe n1eme
à
un graud Roi; et personne,
Ìàuàøå,
ne le sait et
íå
lc prou'l'e mieux
que vous.
L'academie
fran~aise
en enregistrant la lettre de Yotre :\lajeste Imperialc, n'a pas cru
faire une injure aux
Souveraiø;
qai n'en ecrivent point dc pareilles. Elle rl'specte, comme
elle le doit, tous les Princes; elle en estime quelques uns; mais elle sent aussi, comme elle Ie
doit, l'honneur qu'elle
à re~;u
en la personnc u'un de ses membres, dans un temps oil. les icttres
sont peu accoutumees
à
en recevoir de
semÜlaÜies. Ñå øonument
subsistera dans les arehi1'ea
de Ja litterature pour I'eneouragement de ceux , qtti la cultivent l't pour la consolation de la
philosophit>, si ellc avait uu jour le malheur d'1Hre persecutee.
11 ne tient pas
à
certaines gens qu'elle ne le soit violemment dans le
p&)'S
que j'hablte.
Nos pretres, aussi dangereux en France, qu'ils lc sont ailleurs, egalement
ennemiâ
de la cour,
des parlemens et des philosophes, et n'osant attaquer Ia cour et les
parlemeïs,
ecriYent
coïtre
les philosophes pour se dedommager. Ils
ressemÜient à
cet homme ivre sur leqael
il
etai'
tomÜC
quelques tuiles du haut d'une maison, et qui pour se venger, jettait des pierres au pre–
mier etage, ne pouvant, disait·il, les jetter plus haut. t'n de ces Messieurs
vicït
de
puÜiier
un
nuvrage ou il appelle
impitâ
ceux qui doonent
à
Locke
et
à
Newton
\å
nom de grands bommes.
Òå\
est, Madame, le progres de la raison chez les Druides de la Gaule moderne,
Üien
dignes
des anciens Druides leurs predecesseurs. Le Roi de Prusse ,
attpr¸s
du quel j'ai eu l'honnelll'
de passer quclques mois, et qui m'a
comÜle
de bontes, desire queje donne plus d'etendue
11.
mes
Elemens de phi\osnphie, qu'il
à Üiåï
voulu hooorer de son suffrage; et je compte incessament
m'occuper de
ñå
travail en depit des Drubles et tle leurs nnathemes.
Puiâque
Yotre
Majest¸
lmperia)e VCUt
Üieu
dooner quelqut•S
ØOØt'DS
tL
)à
Jeclttre
UC
ØÑS
OUVrages
t
je Jui aurais nne
YeritaÜie oÜligatinn,
si ellc voulait
Üien
m'iodiqucr aussi
ñå
qu'clle
ó
trou,·e
il.
desirer,
ei
me
t'aire part de scs lumicres supericures; elle 01uraiL lieu
d'¸tre
contente de ma
docØte;
le
puÜiic
.::t
l'auteur
ó
gagneraicnt cgalement.
Ñå
n'est point, :\ladame,
ii
votrt: rang, c'est
11.
'Þtre
per–
sonne que je
ueøande
cette grilce;
t·oøblcn
ue trunes dans l'univers nux pieds des quel;; je
t'erais vainement la meme pricre
~
Je
suis trop fiattc de la permission que Yotre l\Iajeste lmperiale me donne de l'importuncr
quelquc fois par
mes
lcttres, pour n'en pas user avec reconnaissance; mais
ñå âårà
en meme